Chronique culinaire post-mortem : Burger Express

Nous ouvrons notre page culinaire avec la chronique d’un restaurant qui a depuis fermé. Marco a testé pour nous le Burger Express, à proximité de Troyes dans l’Aube, qui était lors de la rédaction de cet article (en juin dernier) au crépuscule de son existence.

Nous vous proposons donc cet article en replay, parce que l’Internet ne fonctionne pas encore très bien à Troyes. A nous de vous faire préférer le minitel.

30 juin 2012, 20h, Rocade Nord à Troyes :

 En bon Nanard que je suis, avec mon maillot floqué Mickael Pagis dans le dos, je revenais du premier jour des soldes. Dans la voiture, RMC info, ma référence radiophonique, m’annonce la fin de Laurent Blanc en équipe de France. La petite phrase de Jean-Mimi, « Laurent Blanc a été victime de sa popularité » (rappelons les faits, 2-0 contre l’Espagne, incapable de dépasser la ligne médiane / des matchs pathétiques contre la Biélorussie, l’Albanie ou le Luxembourg)  me laisse sans voix. Je dois trouver un moyen de noyer mon chagrin. Je tourne la tête à gauche, et me remémore la boîte de 20 nuggets à McDo en découvrant une nouvelle enseigne dans le grand monde fermé du Burger : « Burger Express, l’autre idée du Burger ». Ni une ni deux, je vire à droite pour me diriger directement vers ce paradis. J’aurais pu m’arrêter à son physique sans charme, à sa façade grisâtre qui me rappelle plus aux souvenirs des préfabriqués pendant la réfection de mon collège, qu’aux doux pâturages de province.

 Le parallèle avec ma vie provinciale n’allait pas s’arrêter en si bon chemin. A peine entré dans ce nouvel Eden, je découvrais avec surprise un environnement aseptisé, un sol propre, loin des enseignes américaines parisiennes où, pour circuler, des chaussures de golf ne suffisent plus. J’aurai pu détester l’endroit. A la vision de ces chaises dignes de la plus morose des salles des fêtes de campagne, je me suis senti dans mon élément.

 Mais au-delà de son esthétique, le Burger Express nous révèle ses charmes nourriture en bouche.

  •  Nuggets 10/10 sur l’échelle du Mc Do, examen réussi avec mention.
  • Frites 9/10. Le cachet est présent, le côté terroir également, tant dans la forme que dans la finition.
  • Des plats préparés : blanquette de veau / bœuf bourguignon à côté des burgers, une idée à suggérer à d’autres qui pensent que mettre charolais dans le nom suffit à nous faire penser que c’est sain.  

 Les puristes noteront le manque d’engagement du propriétaire : La nourriture est bien trop saine pour utiliser la marque Burger, surtout lorsqu’on est élevé à la parisienne (kébab, mc do & quick). Comprenez la stupeur quand votre voisin commande une salade et une bouteille d’eau. Néanmoins, pas de quoi s’alarmer devant cet innommable client, le nuggets & la frite demeurent probablement les deux valeurs clés du commerçant, les deux principaux axes culinaires de différenciation (j’aurai sûrement l’occasion de vous expliquer quelques notions de Marketing plus tard).

 Gloire à Johnny Bernard (ca ne s’invente pas), l’inventeur de ce lieu hors du commun, qui a réussi l’exploit d’installer un burger là où personne n’aurait osé.

NDLR : Chronique commencée durant un match de l’Euro 2012. Finalement, il n’y a pas de justice dans ce monde (du burger), l’établissement a fermé ses portes le 5 septembre de la même année. Au final, je n’aurai eu ni le ventre, ni le nez creux. Je n’en reste pas moins scandalisé. Désormais je n’ai plus le choix, je dois mener une vie saine. En même temps, s’installer à 100m d’un KFC et d’un Quick, ca sentait l’échec.

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